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A propos de l’utilisation de jetons
JETONS ET ORTHOPHONIE
dimanche 2 novembre 2008, par J Zwobada Rosel


Qui n’a pas une boite de jetons, ne serait-ce que dans des boites de jeux traditionnels ?

Avant-propos

J’ai eu l’occasion d’observer la façon dont certaines pratiques les utilisait en tant que supports de représentations symboliques pour mettre en place ce qui différencie le langage humain d’autres formes de langage : la syntaxe. Il me semble que, sur le marché, des supports techniques, ce qu’on appelle « la méthode des jetons » en est actuellement l’illustration.

En effet, j’en ai vu utiliser une dans une classe spécialisée avec des enfants sourds, il y a très longtemps, dans une classe de la région Bordelaise, chaque forme avec sa couleur spécifique représentant un des éléments de la grammaire mais dans un code qui me semblait extrêmement complexe (triangles, croissants etc...), faute d’en connaître les règles de constitution, avec d’autres règles d’ailleurs pour certaines combinaisons. Depuis, j’ai vu utiliser des jetons dans un film, réalisé avec des enfants dysphasiques, pour mettre en place les éléments de base constitutifs des phrases simples.

Je les ai vus dans d’autres présentations de recherches, en particulier sur la mise en place du système numérique, où ils étaient utilisés en tant qu’unités permettant le dénombrement, en relation avec des facteurs de perception spatiale... Et il y a l’utilisation de ce support à l’école, souvent remplacé par des bûchettes etc... J’avais des jetons dans mon propre matériel constitué pour mon mémoire d’orthophonie sur « les débuts du genre et du nombre en langage ». La relation entre leur forme et la valeur indiquée permet d’accéder à la globalisation d’un nombre, à jouer avec les équivalences, à effectuer les différentes opérations dans leur manipulation même que ce soit dans des exercices ou dans les jeux de société.

Qu’en est-il pour l’utilisation dans un contexte de difficultés d’acquisition de la langue et de l’écriture ?

Un exemple d’utilisation en début de CE1 : Illis

Je reprends le nom avec un des tableaux que j’utilise, préalable au tableau de la phrase (présenté en annexe de psy et SNC). Dans ce tableau je pars de l’identité, sexuée, différenciant personne, animal, chose (figurés dans un dessin) dans un premier temps pour repérer leur genre (opposition figurée par un garçon schématisé, et une fille avec un e dans ses nattes), avec la question "un/une" et le nombre "un/plusieurs" dans un deuxième. Nous faisons un travail de classification des noms évoqués dans cette double approche "sémantique" pour la première, grammaticale pour la seconde...
Puis, je passe à la phrase (autre tableau) et nous jouons à mettre des jetons de couleurs différentes sur les mots dans leur rapport fonctionnel (nom (bleu), verbe (rouge), adjectif (vert)) sur des phrases qu’il invente. Il ne se souviendra pas des mots, utilisés au cours de ce travail, mais des jetons, de couleurs différentes, 8 jours plus tard. J’ai trouvé le support manipulable qui peut l’aider, étape sur la voie de la manipulation mentale.

Le matériel support de cette présentation

Sans aller chercher plus loin, il y en a déjà pas mal dans une boite de jetons tout venant [1] : petits et grands rectangles, cercles, et leur jeu de couleurs de base. De quoi constituer un code relativement complexe que l’on « monte » avec l’enfant concerné pour qu’il en comprenne la logique interne. Les jetons ne comportent aucune indication sur ce qu’ils figurent.

Du fait de ma démarche, je garde quelques principes de couleurs, et l’analogie avec la forme de base de l’opposition verbo nominale, (cercle rouge (verbe), long rectangle bleu (nom)). Je me réfère ainsi aux tableaux [2]tels qu’ils se sont précisés peu à peu [3] dans la gestion de ces couleurs précisément pour qu’il y ait une cohérence reposant sur les critères de leur fonction dans la production d’un énoncé [4].

Pourquoi ne pas en faire une méthode ?

Ce sont des représentants symboliques de quelque chose certes mais dont la fonction n’est pas de faire acquérir un nouveau code à appliquer mais de favoriser la manipulation mentale d’éléments doublement significatifs. Ils représentent les mots des énoncés produits par l’enfant, qu’il veut écrire, en respectant leur nature et leur fonction. Les contraintes orthographiques vont alors de soi, sans s’appuyer sur l’énoncé d’une règle : les mots « vont ensemble » (effet de groupe) avec deux transversaux qu’on rappelle au besoin avec les tableaux où ils figurent pour les accords : le système jaune (Groupe Nominal et Sujet/verbe), le système rouge (GN et accords pp). En effet les jetons jaunes sont relatifs au verbe et auxiliaire être, et rouge (petit rectangle) à l’auxiliaire avoir. Ils ne peuvent donc suffire à « monter l’orthographe » ils sont le support « structural » des règles d’accord [5].

Les superpositions de jetons sont réduites au minimum et favorisent l’analyse d’un élément perçu globalement (temps composés, article contracté, pronom relatif (donc relevant du système du groupe nominal et nom du groupe verbal), négation pour le verbe, forme pronominale.

Les 5 couleurs, ont chacune leur spécificité :
-  le bleu pour le NOM, figuré par un rectangle long, introduit par le déterminant, rond bleu, avec un rond vert facultatif comme adjectif, groupe du nom qu’on peut remplacer par un petit rectangle, le pronom...
-  le rouge pour le VERBE, verbes d’action et verbe avoir, rond quand il est conjugué, long rectangle pour l’infinitif, petit rectangle pour l’auxiliaire avoir posé sur le cercle rouge figurant le verbe
-  le jaune pour ETRE, cercle (verbes d’état) ou petit rectangle posé sur le cercle rouge quand il est auxiliaire
-  le blanc pour les termes de RELATION, petit rectangle pour la préposition, cercle pour la conjonction de coordination, grand rectangle qui prend la place du petit, conjonction de subordination, quand on reprend un Système (SVC) avec son jeu de jetons
-  le vert de l’adverbe qui MODIFIE le sens du verbe (comme un complément donc le long) et celui qui modifie l’adjectif (rond vert également dans le GN) ou un autre adverbe (le court) Résultant d’une convention si nécessaire, les participes présents et l’utilisation du grand rectangle jaune.

Ces quelques indications montrent la complexité du système, même s’il se construit progressivement ce qui permet à l’enfant de l’intégrer sans avoir à l’apprendre. C’est un des outils dont dispose l’adulte qui accompagne l’enfant dans son appropriation d’un savoir faire (écrire) lorsqu’il est en échec dans cet apprentissage ou se sent « noyé » en restant dans une démarche d’écriture aléatoire au lieu de bénéficier directement de l’effet d’entraînement de certains jeux et qu’il ne structure rien dans le cadre d’essais et erreurs...

Où et quand s’en servir

En dehors de marquer la présence d’unités en parole ou en langue écrite, ce qui permet des jeux de segmentation, notamment pour marquer les syllabes ou les mots en situation d’écoute, premier repérage, ils peuvent être utilisés selon différentes modalités dans les deux entrées principales des « demandes d’intervention ».

-  En « lecture »

J’ai été formée par S. Borel Maisonny à travailler avec l’appui de tableau qui permettaient de construire les association de signes graphiques avec visualisation : support visuel, avec geste de la main certes, mais les lettres sont sur le tableau qui figure le geste mental attendu. Cela n’a pu suffire avec les non-lecteurs et certains enfants en très grandes difficultés d’apprentissage en CP ayant déjà présenté des difficultés au moment de la mise en place orale du langage.
Lorsque les cartons ne suffisaient pas pour passer à la généralisation de l’association requise, j’ai donc introduit les jetons.
En se référant au système de la correspondance phonographique [6], les jetons ronds peuvent dans un premier temps faciliter la remémoration des mots en correspondant à la segmentation en syllabe. Puis on change de jetons et on passe à la perception des phonèmes à l’intérieur de la syllabe. Restent à établir les différenciations pour des enfants qui ne repèrent pas les différences et, selon le terme consacré « confondent »...

-  Jetons et dés
On obtient un support modulable selon le problème travaillé (perceptions visuelles, auditives, paires, etc.), en combinant couleurs et formes des jetons utilisés avec celles qu’on reporte sur des dés (les points sont recouverts d’une forme ou d’une couleur ou des deux), ce qui différencie ce matériel des jeux qui utilisent les mêmes principes pour entraîner l’enfant sur un matériel standardisé.

L’enfant “n’apprend pas” le code pour jouer, il participe à son élaboration avant de s’entraîner à l’utiliser dans des jeux qu’il invente ou d’autres activités.

-  Le jeu du rectangle
Il m’est arrivé de combiner jetons et dés pour fabriquer un jeu qui permette de mettre en place la syllabe et tout particulièrement le groupe consonantique : la place des consonnes dans la syllabe à trois termes, le “car cra arc” travaillé par Chassagny. Je pars d’une lettre collée sur un jeton bleu pour c et r (j’introduis parfois une autre couleur que l’enfant choisit pour le r), et rouge pour le a (opposition voyelle/consonne et lettre critique). Je mets les mêmes couleurs sur les faces du dé. Dans un premier temps nous disposons les jetons en rectangle (c, a, r en dessous du r), ce qui implique donc un changement de ligne pour situer le r et nous nous entraînons à les dire en les montrant, puis c’est le dé qui va décider de leur ordre. Le déroulement de différentes phases, jusqu’à supprimer les lettres et généraliser à consonne/voyelle, évolue en fonction des réactions de l’enfant [7].

Exemples de Laure dans « entendre les voyelles » et Youcef dans entendre les consonnes.

-  En orthographe

Les jetons représentent, sur un plan formel, un support figuratif des concepts grammaticaux.

Il s’agit de s’approprier leur valeur avec leur « nom »,
— sans avoir besoin de préciser ce nom au cours de la mise en place [8] car nommer agirait alors comme distracteur,
-  du fait des problèmes d’évocation qui font partie des difficultés [9] .

Puis, avec les plus grands au contraire, de spécifier ce nom
— pour donner un contenu à des mots grammaticaux qu’ils ne savent pas identifier, évoquer...
et lorsqu’on travaille sur la phrase (cf. les écrits ci-après),
— pour en produire (Manu* 1), effet incitateur, ou s’en rappeler, effet repérage spatial,
-  et sur un plan fonctionnel, combinatoire donc,
— de mettre en jeu le système des relations entre les mots et groupes de mots.

La mise en place progressive du code :
Ce n’est pas évident d’en mémoriser un surtout pour un dyslexique, souvent brouillé avec les codes. En fait il s’agit d’une transposition sur le mode de la manipulation (donc faisant intervenir la motricité et non, seulement, le mouvement oculaire) des tableaux qui figurent les différents éléments de la phrase et leurs relations. Restent à harmoniser, formes et couleurs.

Il y a bien sûr une progression à respecter : mettre en place l’opposition verbo-nominale, indispensable pour comprendre les différentes niveaux où on peut situer l’analyse.

Un exemple Florette

Florette [10] est en 6e. Elle a 12 ans. Elle est suivie depuis l’âge de 4 ans 1/2 en orthophonie avec des pauses et une longue interruption de près d’un an à partir du 3e trimestre de CM2, ayant réussi à compenser en grande partie ses difficultés dans le cadre d’un écrit scolaire. Elle a repris lorsqu’elle a commencé à se poser une question qu’elle ne pouvait poser à personne d’autre qu’à l’orthophoniste sur l’existence du Père Noël [11]. Elle s’est en quelque sorte ouverte à « oser ». C’est à ce moment là que nous avons commencé à utiliser les jetons.

la base du code des jetons selon Florette
la base du code des jetons selon Florette

Description du document

Elle l’a réalisé à l’approche des vacances, au cours de la séance où elle rencontre Hellen, après avoir mis en commun leur expérience des difficultés qu’elles rencontrent. Le résultat est conforme à l’image qu’elles donnent d’elles-mêmes, soigneusement organisé pour Florette [12], plus brouillon pour Hellen [13].

-  Le premier groupe de jetons à gauche reconstitue le groupe nominal en contexte verbal (moitié supérieure de la fiche).
— Elle a écrit (1ère ligne) déterminant, nom, verbe, pronom (le petit rectangle bleu) et sur la 2e ligne placé 2 rectangles superposés bleu+ blanc pour représenter le pronom relatif (qu’elle ne nomme pas), superposition qui n’est pas évidente à mettre en place : il tient à la fois du terme de relation et du pronom et n’intervient que dans un deuxième temps dans la “mise en place du groupe nominal” (cf. tableau) [14] .
— elle n’a pas oublié l’article contracté [15], “au” et “du” qui s’obtiennent par superposition du petit rectangle blanc et du déterminant, sans le nommer,
— elle a écrit adjectif pour le rond vert.

-  Elle a développé de même le verbe conjugué (rond rouge 1ère ligne) en situant à la fin de la 2e ligne la constitution des temps composés : le rond rouge que chevauche le petit rectangle jaune (le jaune représentant « être »), elle a écrit au dessus avec une flèche participe passé pour la partie rouge, auxiliaire être (encadré) avec une flèche pour la partie jaune, puis pour l’auxiliaire avoir (encadré), petit rectangle rouge posé sur le rond rouge du verbe avec l’indication également de participe passé.
— Deux extensions du verbe se trouvent dans la moitié inférieure : un rond bleu violet [16] un peu plus grand supporte le verbe (rond rouge) et correspond au pronominal, ce qu’elle indique avec une flèche. De même elle place à droite le grand rectangle rouge et indique nom du verbe.

-  Elle commence cette partie inférieure de la fiche, qui correspond d’ailleurs aux mots invariables, par l’adverbe, petit rectangle vert car c’est celui qui modifie l’adjectif
— Elle place en dessous la préposition, petit rectangle blanc, qu’elle précise +GN.
— En dessous du nom du verbe, elle situe verticalement le grand rectangle vert et l’explicite avec une flèche adverbe. C’est celui qu’on place sur le trait qui correspond aux flèches introduisant les questions initiant les compléments du verbe.

-  Restent les mots de relation, conjonctions. Il y a là aussi une hiérarchisation :
— elle précise le rond blanc, pour lequel elle indique avec une flèche, conjonction de coordination et le place entre le pronominal et le nom du verbe [17]. Elle dessine à l’intérieur la balance qui le figure dans le travail de sa mise en place [18].
— reste le grand rectangle blanc, elle écrit à l’intérieur la conjonction de subordination. C’est le dernier jeton proposé, car s’il introduit un complément c’est sous forme de proposition. Je passe par l’image d’un plateau qui se superpose à la proposition principale, avec un geste de la main pour le figurer sur le tableau, lorsque j’ai situé le rectangle blanc sur le tableau de référence en le plaçant sur la flèche qui introduit les compléments à la place du petit rectangle blanc [19]. Elle ne le nomme pas.

-  Elle a bien sûr oublié le verbe être conjugué (rond jaune) et sa forme infinitive (grand rectangle jaune). Est-ce vraiment faute de place ou n’a-t-elle pas une difficulté à « être » ?

Comme pour Hellen, il lui reste à « travailler » non pas sur « être comme » mais « se trouver », « être » dans l’instauration de sa confiance en elle [20].

Elle a accepté ses difficultés, fait avec mais n’ose pas encore se lancer...

Écrit sur l’ordinateur

Bonjour je m’appelle FL*, j’ai 11 ans et je suis en 6ème au collège Julio Curie je suis dyslexique. Je vais voir l’orthophoniste depuis ma moyenne section de maternelle à l’âge de 4/5 ans sa fait maintenant 7/8 ans. Je nais jamais redoublé. Ce nais pas une maladie, sa ne s’attrape pas mais qu’en on là on le garde toute notre vie. Sais pas parce que tu es dyslexique que tu n’a pas le droit d’avoir des amies. L’avantage ces que dé fois tu trouve d’autre méthode que les autres ne trouve pas.

Exemple de textes postérieurs pour lequel les jetons ont servi de support.

Textes écrits avec jetons de Florette
Textes écrits avec jetons de Florette

Du 1er au 3e (14 et 28 mai, 4 juin) on voit une nette évolution sur deux plans car elle écrit en tenant compte des questions que lui pose l’orthophoniste dans le cadre d’un étayage dialogique.
Elle accepte volontiers les expansions (niveau syntaxique) et l’évaluation (conduite de récit).
Les autocorrections se font ainsi en toute sécurité.

Écrits d’Hellen

Le 1er date du 16 avril, le 2e du 7 mai. Le 1er illustre la façon dont l’étayage ouvre à une complexification possible de l’énoncé en recherchant, par exemple, la finalité et ses modes d’expression.
Le second récapitule ce que l’on peut dire d’une situation.

Textes écrits avec jetons d’Hellen
Textes écrits avec jetons d’Hellen

Écrits de Manu* [21]

1 - Écrire sans faute (après avoir mis en place les jetons) pour donner sens à la dernière séance avec son père quand tout s’est (à nouveau) déréglé : il était devenu insaisissable, en rupture de « contrat » avec l’école, à la maison comme en orthophonie. (photocopie, il a gardé l’original)
(Le 1er mot si peu appuyé qu’on ne peut le lire est « demander », le 2e, sortir ; nous sommes au cœur du problème de communication et de sa « pulsion » [22] à être avec les copains de sa cité).

Textes écrits avec jetons de Manu*
Textes écrits avec jetons de Manu*

2 - Pourquoi a-t-il « oublié de venir » malgré ses engagements ?
3 - Pourquoi n’est-il pas venu et n’a-t-il pas son sac ? (après la reconstitution du scénario car il était incapable d’expliquer ce qui s’était passé d’une façon cohérente)

Il n’arrête pas de « tester » le cadre. Quand la fatalité s’en même (cf.3) !

Qu’en reste-t-il plus tard quand il ne veut plus entendre parler de s’en servir ?

Nous sommes passés par d’autres voies, mais le travail de structuration de base avait été fait et l’aide à écrire [23].


[1] On peut recycler une boite d’un jeu de nain jaune ou autre poker, sans tenir compte des valeurs éventuellement indiquées, mais j’ai été séduite par les couleurs et l’aspect des boites actuelles trouvées en grande surface qui m’ont permis d’introduire le blanc, couleur essentielle, prédisposée à l’indication d’une relation.

[2] Le passage aux jetons a permis de préciser le jeu des couleurs en en introduisant une nouvelle. Les jetons m’ont amenée à ajouter une couleur, le blanc, concernant les termes de mise en relation, blanc (de corrector) que j’ai superposé au vert des flèches partant du verbe, couleur qui figurait sur les tableaux que je proposais jusqu’alors.

[3] Il n’y a aucune raison de s’en tenir à la forme qu’ils ont pu avoir à un moment donné de leur utilisation comme soutien de différenciations par exemple, dans la mesure où le fait de leur donner une valeur et de les manipuler se réalise avec l’enfant. Il s’agit de partir de là où il en est : ce n’est pas un « conditionnement » mais une co-construction...

[4] Le passage aux jetons a permis de préciser le jeu des couleurs en en introduisant une nouvelle

[5] Ils ne sont donc pas figurés dans le cadre de ce code. Par contre, ils peuvent dans une étape préalable avoir servi à les repérer (un jeton rouge pour le féminin, un jaune pour le pluriel sur chacun des éléments concernés dans le texte où on les repère, qu’il soit écrit et/ou entendu) etc. Cette étape précédant généralement la mise en route de l’ensemble du code lorsqu’on « travaille » le groupe nominal.

[6] J’insiste sur cette inversion du terme consacré grapho-phonémique car le support de base reste « les cartons pour faire les sons dont ils prennent la place.

[7] Je rappelle que ces types de jeux se font souvent en changeant de rôles, alternance qui favorise l’évocation chez l’enfant tout autant que son intérêt.

[8] Dans le cadre de l’opposition verbo-nominale, le travail sur le « nom » s’est fait au moment de la construction du tableau du groupe nominal (on est parti de celui de l’enfant pour poser la catégorie en s’appuyant sur la dénomination des objets, animaux, actions etc...).

[9] Certains enfants le proposent spontanément, cherchant à relier cette démarche avec leur savoir scolaire inefficace

[10] Elle a été présentée dans Une approche compréhensive des mathématiques Document I Quelques enfants

[11] Sa mère entretient cette « croyance » pour retrouver chaque année dans les yeux de ses filles le bonheur qu’elles éprouvent en découvrant les cadeaux du Père Noël.

[12] A l’âge d’Hellen, au même niveau scolaire, elle avait réalisé une Figure de Rey où elle avait « oublié » la partie inférieure en mémoire, base du « contenant » total et ne pouvait organiser les détails qu’elle avait retenus. Elle a cependant manifestement appris depuis à trouver des entrées logiques et on peut s’interroger sur ce qui lui fera « oublier » deux jetons jaunes du code.

[13] Elle l’a emporté en souvenir de notre travail, je ne peux donc le présenter.

[14] en inventant des groupes nominaux, car il ne s’agit pas d’apprendre à partir des jetons mais à partir de créations personnelles des différents types d’extensions nominales, de l’adjectif à la proposition relative etc...

[15] Et le partitif qui se figure de même dans un premier temps avant d’être « travaillé » dans le contexte de ce qui peut se dénombrer ou non.

[16] Avant de le trouver j’utilisais soit un rond bleu que je faisais déborder comme sur le tableau de référence qui avait été travaillé avant de passer aux jetons (pronom avec un statut particulier, intégré à la forme verbale)

[17] Est-ce un hasard mais sa présence aide à repérer une forme infinitive et elle le place juste avant.

[18] Cf. Mise en place des homonymes grammaticaux, pour les différencier mais aussi pour comprendre leur valeur additive ou exclusive pour et et ou. Chaque plateau comporte un mot de même catégorie (nom, verbe, adjectif).

[19] Il est évident qu’on a joué à passer d’une extension nominale à une verbale, nouvelle proposition hiérarchisée, comme pour le pronom relatif dans le cadre d’un travail sur le groupe nominal, en inventant des phrases, car il ne s’agit pas d’apprendre à partir des jetons mais à partir de créations personnelles de phrases, même si elles ont été précédées de travail à partir d’un texte en lecture répétée.

[20] Le parcours de cette année de 6e où elle remet en question le mode de fonctionnement familial, fera l’objet d’un autre article, avec en introduction La figure de Rey qu’elle avait réalisée 2 ans plus tôt, à l’âge d’Hellen donc, avec des résultats non seulement inférieurs à sa classe d’âge, hors étalonnage, mais occultant une partie importante à la mémoire.

[21] Il a écrit lui aussi son témoignage... mais il va mal et à chaque séance nous devons mettre à plat ce qui s’est passé pour justifier retard et/ou absence. Les jetons servent à écrire les mots en réfléchissant à leur forme après avoir discuté oralement du contenu...

[22] J’en parle en ces termes car il « oublie » ce qu’il était en train de faire dès qu’il les rencontre.

[23] Ce sera l’objet d’un autre article.


Dans la même rubrique :
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De la lettre au son (Youcef)
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