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imprimer cet article APPRENTISSAGE ET "DYS" ?
Entendre les voyelles
QUELQUES CHEMINS DE LA CORRESPONDANCE PHONO-GRAPHIQUE
vendredi 3 août 2007, par J.Zwobada Rosel


Questionnement sur une liste...

Bonjour Maud

En dehors de l’âge, j’aimerais savoir si votre enfant est capable d’identifier les voyelles dans les mots, dans une syllabation, indépendamment des consonnes qui les encadrent et qui, lorsqu’on est passé par les sons sont, semble-t-il parfois, plus faciles à identifier pour les isoler ?

Cette question m’est suggérée par le travail avec une enfant de CP (suivie l’année précédente pour des séquelles de retard de parole), Laure, qui ne se souvient "apparemment" de rien même si elle peut le répéter plusieurs fois en mémoire immédiate, et a une approche qui me semble beaucoup trop visuelle quand elle appréhende l’écrit.

Je m’explique : j’ai du lui faire répéter la liste des voyelles qu’elle connaît par ailleurs et les écrire sur des /cartons disposés verticalement/ les yeux fermés (mémoire auditive, chanson donc) pour qu’elle puisse le répéter ensuite les yeux ouverts en cachant les cartons. Hélas, quelques minutes plus tard, elle ne les retrouvait pas dans l’ordre, en oubliait etc.

J’ai donc opéré en plusieurs étapes :
-  construit une liste à partir de leur numérotation 1 (a) 2 (e) 3 (é) 4 (i) 5 (o) 6 (u) 7 (ou), en lui demandant de repérer leur place (visualisation d’un repérage spatial vertical) comme le i-5 au milieu,
-  en recouvrant très vite la colonne d’une feuille avec des points et travaillant sur ces points pour qu’elle se donne des repères.
La correspondance s’est donc établie avec le support de la place dans une liste, mais les éléments ont pris leur autonomie car très vite les jetons ont pris la place des points donc des cartons.

Ce n’est qu’à partir de cette démarche qu’elle a réussi à entendre (cela s’est passé à notre dernière séance) les voyelles dans les syllabes en semblant comprendre enfin ce que je lui demandais, alors que nous avions travaillé dès le départ la conscience métasyllabique.

Je n’avais pas eu besoin d’en passer par là avec d’autres et je m’étais bornée jusque là à lui proposer un soutien par rapport à Gaffi avec l’intermédiaire du geste (sa mère le lui propose, car elle l’a utilisé avec succès avec l’aînée dyslexique, Florette). Cela ne marchait pas avec Laure et il me semble qu’elle n’investissait pas cette association son/lettre/geste faute de savoir où l’accrocher peut-être.

Comme pour votre enfant, la compréhension orale est bonne mais à la différence de celui que vous évoquez, elle peut s’exprimer verbalement sans trop de problèmes (cf. les récits d’exalang recoupant en partie mes propres épreuves (Thiberge, récit sur BD) l’année précédente).
-  Dans le dessin animé, elle commence par la finalité et en reste à la chronologie avec une description plan par plan. L’interimage est quasi absent mais les phrases sont structurées. Elle n’est donc pas hors norme.
-  Cependant quand elle devait les mettre en place elle-même, elle ne percevait pas l’ordre de 3 images (BD) et n’avait pas l’idée de le rectifier du fait qu’elle finalisait l’action.

La conclusion de l’évaluation soulignait la dysharmonie de ses performances, comme si elle avait une bonne structure de surface du langage (on le lui a bien appris) mais ne repérait pas ce qu’on attendait d’elle, mélangeant tous les niveaux (pragmatique, narratif), suivant son idée...

Je me suis permis d’entrer dans le détail au cas où vous auriez observé des réactions du même ordre chez des enfants en difficulté d’apprentissage en CP (elle est prise en petit groupe en classe d’adaptation car elle n’arrivait pas à l’association, ce qui faisait une 3e démarche).

Elle est arrivée à l’association syllabique grâce au fondu du geste et le support visuel des tableaux de Borel quand je me suis rendu compte de l’inefficacité du soutien qu’on lui apportait [1], mais c’était peut-être mettre la charrue avant les boeufs puisque je me suis retrouvée avec l’effet pervers de la perception de la consonne occultant la perception directe de la voyelle : faire C/a/ca pour essayer de percevoir le "a" (stratégie personnelle qu’elle ne pouvait "lâcher") ne l’aidait pas et semblait bloquer le plus souvent la perception de la voyelle. J’avais cru les voyelles installée sur la base de quelques vérifications effectuées au départ, mais oubliées aussitôt semble-t-il.

C’est alors que j’ai mis en place la procédure décrite ci-dessus pour donner une base structurée à l’éveil de sa sa conscience métaphonologique, en reprenant par un autre biais l’appui sur la segmentation syllabique.

Commentaire

On peut s’étonner que je ne me sois pas centrée d’emblée sur ce travail de mise en place de la correspondance en passant par cette prise de conscience des voyelles, mais il avait fallu d’abord faire de la "lecture répétée" (autre "exercice" très utile) de base, mais en choisissant
-  le texte de ses auto-dictées car elle avait d’énormes problèmes de "mémoire".

Avant même cela, sur la base d’animaux jouets à classer, nous avions inscrit dans un carnet
-  des "mots" correspondant à des familles d’animaux, le nom du mâle, de la femelle, du petit, pour qu’elle les apprenne et puisse les retrouver (ah ce manque du mot !), tout en se familiarisant avec des règles de dérivation...

De l’autre côté de ce même carnet, nous avions inscrit les paroles de "colchiques dans les près",
-  chanson qu’elle avait apprise sans pouvoir la retenir, et qui a pris la suite, comme type d’exercice, d’une
-  comptine que je donne dès la GSM (elle y avait eu droit mais l’oubliait vite), "Le marquis de Carabas"...

Pour qu’elle parvienne à se concentrer, arrête de rire en se tortillant, elle avait dessiné deux masques et elle plaçait l’étiquette de celui qu’elle décidait d’assumer.

Laure est-elle "dyslexique" comme sa soeur Florette ? Elle présente d’importantes difficultés d’apprentissage, il est donc nécessaire de faire tout un travail en parallèle, et surtout de lui faire apprendre autrement ce que l’école lui demande d’apprendre. Du moins pour l’instant. Je n’envisage pas encore de prise en charge de longue durée... mais...


[1] J’hésite toujours à interférer avec l’apprentissage de l’école quand je n’ai pas repéré de troubles "majeurs" dans l’évaluation.

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