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Les mondes parallèles d’un trisomique (1)
LA FASCINATION DE L’IMAGE
samedi 23 juin 2007, par J.Zwobada Rosel


"De la stéréotypie au délire, quel est le rapport d’Artus au "réel" ? En sommes-nous là ou n’est-ce qu’un étape ? Quand arrêtera-t-il de voir ces films de robots ? Il est maintenant complètement sous l’emprise de terminator. Le robot, que nous avions réussi à bien différencier de lui-même, a maintenant un coeur et des sentiments. Qui est-il, lui alors avec sa trisomie qui le marque de façon indélébile ?

Artus m’a fait peur à notre dernière rencontre. Comment lui faire réintégrer le réel de sa vie "humaine" ? Il n’est plus question d’image de première communion pour savoir que "Dieu m’aime, me regarde et me comprend dans ma différence".

Son narcissisme exacerbé lui fait chercher à qui s’identifier et il ne reste que l’humanoïde robotisé qui souffre à son image de sa différence, car avec la "conscience" il peut la percevoir et en souffrir.

Artus se perçoit donc à l’instar du robot, fabriqué, et dans une profonde révolte, immergé dans ce monde de souffrance qu’il peut si mal communiquer.

Avez-vous rencontré déjà ce cas de figure ? [1]

Il a toujours été très aidé dans son intégration scolaire et sociale en classe spécialisée d’établissements ordinaires. J’ai pris le relai depuis la 6e de l’orthophoniste dont il ne voulait plus entendre parler et il ne voyait plus non plus de psychologue depuis son enfance. Vous me direz que, selon la littérature, le trisomique vit dans l’instant présent et qu’il était présomptueux de lui faire prendre conscience du temps... La question posée portait justement là-dessus... Hélas les certitudes reposaient sur la différence entre l’humain qui aime et souffre, alors que le robot est construit et mécanique... Me voilà piégée...

Il n’y a qu’avec moi qu’il pose ce type de questions car il parait calme et heureux dans son univers quotidien selon sa mère qui ne soupçonne rien de ce qu’il me réserve donc. Et pourtant elle a eu le compte rendu du travail réalisé pour aller aussi loin que possible dans la conceptualisation...

Merci de me communiquer vos propres expériences."  [2]

"MOI HUMAIN HANDICAPE TRISOMIQUE"

L’évolution des fonctions du dessin

Les dessins de son enfance

Artus a pourtant un mode d’expression privilégié, le dessin, témoin de ses représentations. Il en a ainsi sélectionné 5 qui me semblent rendre compte à la fois de la diversité de ses intérêts dans la découverte du monde qui l’entoure, enfant, et de sa façon de s’y inscrire, minutieux et artiste dans le jeu des couleurs mais aussi dans ce qui peut évoquer une "stéréotypie".

-  Le résultat séduit par l’alliage des couleurs, une fois posée la forme de base,

-  comme pour les maisons,

-  le monde extérieur avec lequel il est en relation, *des limaces


-  au poney,

-  Il représente son monde relationnel


-  avec sa famille.....

-  et peut-être à l’occasion d’une composition


-  un ressenti,

-  avant de repartir dans l’observation d’une organisation sociale

-  directement perceptible dans le monde animal.

Dessin et adolescence

Je ne connaissais pas ces dessins quand il est venu avec une demande très précise de la famille, l’aider à s’autonomiser, quitter ce cocon d’aide spécialisée, pour qu’il puisse passer l’adolescence et vivre une vie d’adulte, le moins assisté possible.

J’ai rendu compte des premières années de mon travail avec lui dans un précédent article Conscience du handicap [3].

Très vite, le dessin s’est imposé à lui comme mode d’expression, pour me faire comprendre ce qu’il voulait dire et que nous puissions chercher ensemble les mots pour le dire. J’utilisais moi-même le dessin pour "figurer" ce que je tentais de lui faire comprendre.

-  Que s’est-il donc passé après, avec l’entrée au collège et dans l’adolescence ? Apprendre se fait à l’école, mais comprendre ce qu’il « sait » faire et/ou lire. est passé par l’amour de Dieu sur une image de sa « communion ».
-  Tout a fait sens ensuite. Le texte écrit a été le support de cette intuition mais restait à comprendre son mal-être.

-  Le travail « technique » a cédé le pas à l’expression de ses inquiétudes. De la mise en mot du quotidien, agressions d’un élève par exemple,

-  il est passé aux cauchemars.

-  Imaginaire culturel (le vampire),
encore fallait-il que je comprenne : j’ai dessiné une large bulle pour qu’il puisse communiquer sur ce qui était alors dans sa tête, ce qu’il "voyait".


-  et monde mécanique qui le fascine (le robot)

-  

-  

-  

-  

-  

-  Il ose aborder son désir sexuel avec le cauchemar des filles

-  

-  Jusqu’à faire entrer celle qui fume dans la maison....

-  

-   [4]...Ses difficultés d’expression ne laissent pas percevoir d’emblée ses difficultés à différencier le réel de l’imaginaire

  • dans les films cultes *qui posent les bases de son monde,
  • le bon triomphe et est immortel : il est l’un et l’autre.
  • Le travail se poursuit jusqu’à une phase où de la balance
  • il passe à la machine qui trie au jugement dernier, construction en légos...

L’humain sera abordé parallèlement, par un travail sur le langage, autre mode d’expression.

L’expérience de la réalité du regard de l’autre et le poids du handicap contribuent à la difficulté à différencier le réel de l’imaginaire, il se révolte, et passe par une phase d’accumulation stéréotypée de légos avant de reprendre nos « questions »...


[1] Il s’agit d’un message adressé à des collègues dans une liste de discussion, message qui se poursuit en rappelant quelques informations.

[2] J’attends toujours... et pourtant j’ai réalisé un CD où je présente et discute les problématiques de deux trisomiques sur la base de l’analyse de leurs dessins, en ptt, présentés au Festival audio-visuel de Nancy (2006) et l’ai adressé à ceux qui m’en ont fait la demande car je n’arrive pas à inscrire les fichiers ptt ici. J’ai donc opté de les dissocier par thème et de présenter plusieurs articles sur le handicap, dont celui-ci

[3] et de façon plus détaillée dans un chapitre de ma thèse, dans le chapitre "Distanciation énonciative. De l’oral à l’écrit" 1. Mise à distance des affects (transcodage). b) Vie éternelle et difficulté de projection dans le futur : moi, humain, handicapé, trisomique pp. 616-624 avec un extrait d’un des corpus "Le cauchemar des filles".

[4] voir la suite de l’article en (2) ainsi que le commentaire des dessins du point de vue du passage du réel à l’imaginaire, déplacement des éléments stéréotypés etc...

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Dans la même rubrique :
Les mondes parallèles d’un trisomique (2)
Les mondes parallèles d’un trisomique (3)

Thèmes abordés :
- Conscience
Fonctionnement de type dyslexique (2)
Conscience du handicap (suite)
compréhension
Manet
le dialogue et les échanges comme aide à la compréhension avec des élèves mauvais lecteurs
"Comprendre", ou du statut de l’image pour un dyslexique dans le fonctionnement de la mémoire. (Essai)
Lecture, méta et compréhension
Vitesse de lecture et compréhension
conceptualisation
expression
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Jeu et effet de"série" : du cannibalisme au quotidien
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Graphisme lenteur et conflit
figuration
Exemple d’appropriation de la conduite narrative chez un non-lecteur (Miloud)
stéréotypie




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