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Dominance Plasticité et graphisme
GAUCHER ET/OU DYS ?
jeudi 10 mai 2007, par La rédaction


Préambule (J. Zwobada Rosel)
-  D’où viennent les conflits qui "bloquent" un processus d’apprentissage ? Sans entrer dans une approche sémiologique de la forme graphique en termes d’unités de base et de combinaison de ces unités, leur inscription s’effectue dans un geste graphique qui relie ces unités de base tout comme il relie les lettres pour écrire des mots. La capacité de "lier" est essentielle...

Écrire implique un certain nombre de gestes dont il faut percevoir l’orientation, tout comme cette orientation est nécessaire à la différenciation perceptive d’une lettre pour permettre l’identification du signe linguistique au delà de cet assemblage de lettres qui constitue sa forme écrite.
-  Que se passe-t-il lorsque l’enfant n’arrive pas à accepter ce médiateur de l’écrit que représente la lettre ? La lettre dans sa fonction de rencontre avec un signifiant pour le mot et pour l’écrire, la lettre dans sa (ses) forme(s).

Un échange « capital » entre Mars (9 ans passés) et son orthophoniste, illustre le moment du passage. Cette dernière avait fini par attraper le tas de lettres qu’il avait devant lui, sur la table, incapable d’écrire un mot avec, et par en jeter le contenu par terre, dans un geste d’une grande violence, en parlant de « caca » de lettres, pour les désacraliser en quelque sorte, et introduire l’outil interchangeable qu’elles représentent lorsqu’on veut communiquer par écrit, avant de lui proposer d’écrire n’importe quoi avec. Il les avait alors alignées au hasard sur le support, sur deux lignes, et l’orthophoniste à sa grande surprise, avait réussi en en enlevant très peu sur la deuxième, à segmenter des mots, en anglais de surcroît ! "Make now". Tout un programme !

Les premiers mots écrits de Mars
Les premiers mots écrits de Mars

Il a écrit alors, de lui-même, les premiers mots que tout enfant sait écrire, qui situent le cadre familial de son existence, avec le prénom de sa soeur jumelle (coca étant peut-être un galop d’essai ? ou qu’il n’osait pas écrire caca ?). Il s’est ainsi situé par son prénom au sein de sa famille, les premières relations pour "être" "moi".
Il a ensuite interviewée l’orthophoniste sur ce qu’elle était en train de faire (prendre des notes), si elle aimait écrire etc...

Le récit de cet épisode avait suggéré à Frédérique Mattéi la réponse suivante :

« Lorsque Mars manipulait ses lettres en plastique, j’ai eu l’impression qu’il matérialisait et te [1] montrait la représentation qu’il a du lire/écrire. Il les a regroupées en tas pour te dire que lire/écrire c’est un tas de lettres, inorganisées, tous les mots, toutes les langues, sont dans le tas. Quant à leur organisation, c’est extérieur à lui. Il semblait vouloir te montrer qu’il n’en décide pas, (ce qui est vrai), mais ne sait pas encore par quoi il faut passer pour les organiser.
Lorsqu’il a écrit "make now caca", j’ai aussi pensé, qu’il faisait avec les lettres, qu’il mettait en mot, ce qu’il aurait pu faire avec de la pâte à modeler.
-  Pour moi c’était incroyable, mais tu as mis en place tout un "dispositif" pour en arriver là.
Lorsqu’il te demandait ce que tu préférais, j’ai pensé aussi qu’il te demandait si tu avais du plaisir physique lorsque tu manipulais ton crayon [2] (pour tes romans) ou lorsque tu tapes à l’ordinateur. J’avais l’impression qu’il ne faisait pas référence au plaisir intellectuel d’assembler des mots, de poser ses idées... Est-ce que cela a à voir avec la corporéité ? Voilà pour mes impressions, tu me diras où ça pêche. »

Extraits de dialogues sur la liste, en lien avec le graphisme (écriture)

A propos de la différence de graphisme entre script et cursive pour le ‘b’ :

Claude Paillard a écrit
« Bonjour,
En fait, si elles sont différentes l’une de l’autre, chacune cependant est très proche de son homologue en script : en effet, la cursive n’est que "l’ouverture" de la script résultant de son "attache"" avec les lettres suivante et précédente. En séance nous réalisons la "transformation" avec de la pâte à modeler.
Même quand il s’agit d’une confusion auditive je le fais quand même : ça prend trois minutes et ils adorent savoir le "pourquoi" des choses.

— Bonjour Claude
Super ta réponse, pour tout et tous ! Juste ajouter peut-être qu’il faut commencer par vérifier la façon dont l’enfant a construit son geste graphique, le point de départ du geste qui tourne dans le bon sens. Il y a un mouvement en Kinésiologie éducative, qui est à la base du croisement nécessaire des hémisphères, le 8 couché en grand, nécessaire de le faire des deux mains. Ce n’est pas si simple, même si on fait le classement des lettres en script d’un côté ou de l’autre, l’enfant dyslexique perd tous ses repères dès qu’on fait varier quelque chose. D’où la pâte à modeler où il est le constructeur...
Jacqueline (RP 94)
PS Ce qui n’enlève rien au détail des propositions/analyses d’Alain bien sûr... »

Échange en plusieurs temps sur la question d’être gaucher, du fonctionnement etc.

Merci Maud de ton témoignage et de tes réflexions. Tu ouvres un débat comme je les espère de cette rencontre entre tellement de compétences et de points de vue différents reposant sur des témoignages et des pratiques qui s’éclairent les uns les autres.
Je me permets de découper ton message en deux parties pour te répondre point par point, une première sur l’écriture, le message suivant reprendra la fin, pour discuter le lien avec les apprentissages et reprendre ton exemple d’ado.
(Les réponses de MAUD sont venues se greffer sur le message original avec l’indication de la date pour les situer)

La part de la "gaucherie"

Maud
« Le souci des gauchers (des vrais, des faux et des mixtes) est tellement complexe et passionnant : je suis une vraie gauchère : la main l’oeil l’oreille et même le cerveau......paradoxal non ?? Mais nous ne sommes pas tous gauchers de la même manière effectivement !! Rien que devant la feuille, la diversité apparaît dans la tenue du crayon et le positionnement sur la page. On dit toujours que le gaucher met sa main en haut pour voir ce qu’il écrit ou ne pas faire baver l’encre......ouais...pourquoi pas.......et si c’était simplement pour retrouver le fonctionnement du droitier ?

Jacqueline
— cela me semble très judicieux et correspond à mes dernières observations de Tom dans sa façon de tourner la souris ou de mettre sa main sur le clavier des flèches quand je le contrains de le faire de la main gauche pour qu’elle s’habitue à s’orienter dans le sens imposé par l’orientation attendue, en préparation de l’écriture. Merci de me donner cette piste pour interpréter ce qui se passe et mieux le guider (cf. sa main droite qui seule pouvait poser les repères pour réaliser une forme rectangulaire que la gauche voulait dessiner, pour la découper avec la droite).

Maud
— personnellement, ma main est sous la ligne pourtant je suis une vraie gauchère..... mais avec un fonctionnement hémisphérique de droitier !! (logique à gauche et gestalt à droite) et je fonctionne en logique linéaire.

Jacqueline
— ce que tu entends par gestalt serait une “perception globale surfée” ?, intuitive ? le sentiment qu’on a de voir, entendre, comprendre sans pouvoir en dire, faire grand chose faute de linéarité, ce qui serait à droite ? »...

Précisions apportées ultérieurement par MAUD, reposant en partie sur l’hypothèse de la plasticité cérébrale revisitant la question de la dominance

MAUD ( 13/04) : lorsque que je parle de gestalt, oui je parle de quelque chose d’intuitif. Rien de conscient (sauf quand on travaille pour savoir comment on fonctionne) cette idée prise à l’éduK ne vient pas de là non plus. On pourrait remonter à Broca et aux premières découvertes sur le fonctionnement du cerveau.
L’idée est que l’un des hémisphères est dans le cas général utilisé pour les activités langagières logiques, avec une perception analytique des choses, de manière plutôt séquentielle et linéaire ; par opposition à l’autre qui travaillerait plutôt en simultané (d’où l’idée de gestalt, de global) serait un hémisphère non verbal, plutôt synthétique.

On rejoint l’idée de mesdames Flessas et Lussier (cf. référencement) dans leur style cognitif. [3]
-  Maintenant nous ne sommes pas tous avec l’hémisphère gauche linéaire et analytique et l’HD global et synthétique. Les neurologues le disent, que tout est possible.

Jacqueline poursuit son analyse/questionnement avant d’avoir la réponse... en restant au niveau perceptif, base de ses analyses

...« J’avoue mon ignorance, j’entends gestalt dans le rapport figure-fond d’habitude, au sens premier en quelque sorte et pour ma part, j’ai toujours le plus grand mal à ne pas percevoir les cartes numériques de la télé (cf. météo des continents) comme les autistes : les mers au lieu des continents que je dois donc déduire, car j’ai appris leur forme isolée. Toujours ce rapport contextuel où c’est ce dernier, le contexte, qui permet au sens de faire sens. Débat sur la dé-contextualisation... et la facilitation du vertical quand la logique linéaire n’est pas au rendez-vous, ou reste plaquée (ce qui doit être mon cas, je pense).

Et la discussion reprend en alternant les messages du premier échange (Maud/Jacqueline) et les précisions apportées par MAUD

Maud :
— Et si on leur montrait de quoi on est capable en graphisme quand on est gaucher ou ambidextre... c’est merveilleux d’écrire dans tous les sens !!

Jacqueline :
— là je m’interroge toujours sur la question de réaliser en miroir. Tom arrive maintenant très bien, la 3e fois que je le mets devant mon mur avec un immense panneau recouvert de papier pour entraînement graphique (couloir entre salle d’attente et « bureau »), à faire mon exercice de base :...

MAUD (13/04) : l’écriture en miroir des gauchers m’a été indiquée par un neurologue à Besançon. Lors de notre rencontre il a remarqué ma gaucherie et m’a demandé d’écrire des 2 mains en même temps avec la gauche qui écrit de droite à gauche et la droite qui écrit de gauche à droite (ça va... jusque là tu vois ?? je blague)
En fait, les personnes présentant une gaucherie ou des antécédents de gaucherie auraient cette capacité presque innée d’écrire des deux mains en miroir. Tout le monde s’y est essayé à la maison et pour l’instant ça colle avec le postulat annoncé.
Du coup, c’est vrai que j’écris avec les deux mains (moins bien de la droite forcément) et dans tous les sens. Mais cela demande un peu d’entraînement pour la maîtrise du geste et la représentation mentale de ce qu’on écrit. »

Jacqueline poursuit l’exposé de sa démarche avec l’enfant dont elle discute la prise en charge [4] : tout le corps participe à la mise en place du geste

  • ...avec un gros crayon dans chaque main (stabilotone), il part d’en bas, au centre, devant lui, monte jusqu’en haut les deux mains ensemble, tourne et redescend, chacune de son côté et redescend, souple sur ses genoux, chaque main de chaque côté, donc en miroir pour l’orientation.
  • L’exercice complet comporte ce qu’il a fait au départ sans les crayons et guidé par moi, derrière lui. Il comprenait le mouvement inverse au départ, descendre (avec les genoux aussi), et remonter dans l’autre sens donc en remontant dans un arc de cercle pour laisser tomber les mains au milieu et rebondir...
    -  De lui-même maintenant il choisit celui qui convient au gaucher pour tourner dans le bon sens (ce qui n’était pas le cas pour la Figure de Rey B voir "dysgraphie").
  • L’exercice de pré-graphisme comprend également le passage à la linéarité en faisant des vagues (pas pointues) en se déplaçant le long du mur, avec les deux mains toujours placées ensemble pour que celle qui commande puisse impulser l’autre : cela n’a pas été simple et je devais non seulement guider son geste mais lui apprendre la chanson des vagues où on rebondit (souplesse des genoux) latéralement dans le déplacement vers la droite d’un pied à l’autre (c’est dur à mettre en mots) jusqu’au bout du papier (feuilles de conférences scotchées ensemble), aller-retour, sans laisser de trace sur le mur blanc (maîtrise de l’arrêt). Que de choses à coordonner ! Je passe par les festons d’habitude, mais n’ai pas eu le temps avec lui, car il faut souvent changer d’exercice et hier il a voulu me montrer qu’il y arrivait tout seul et il a tout repris tout seul.
  • Du coup, nous sommes passés à la réduction du geste sur une planche posée sur un tabouret contre une échelle (moins verticale) (au fait, elle est dans mon bureau car je travaille dans mon appart et nous avons fait une mezzanine grenier, nous-mêmes avec une échelle, tout comme les poteaux qui la soutiennent, je fais feu de tout bois...). C’était pas si mal que ça et ne s’est détérioré pour la main droite, que quand je suis passée à chaque main séparément. Il semble donc bien que ce soit l’orientation de droite-gauche pour le tracé du cercle qui prime car il n’y arrive pas de la main droite sans rupture (valse hésitation du sens ? pour tourner de gauche à droite).

La préparation à l’écriture est loin d’être terminée mais il semble pouvoir se poser, sauf à se précipiter pour le faire à toute allure... impulsivité ? que j’essaie de contenir verbalement... Jacqueline


[1] J’étais cette orthophoniste.

[2] Pour moi (comme pour lui) il s’agit de douleur...

[3] Je l’aborde dans Approche Compréhensive des mathématiques. Pour l’essentiel, ce modèle se définit en 4 quadrants : « Séquentiel verbal ou Savoir comment dire, Séquentiel non verbal ou Savoir comment faire, Simultané verbal ou savoir organiser et créer à travers le langage et Simultané non-verbal ou Savoir organiser et créer à travers l’expérience ». Chacun de ces cadrans est en interrelation avec les autres dans le champ du Séquentiel comme du Simultané, Verbal et non verbal, « tout en n’impliquant aucunement de relations anatomocliniques en rapport avec la latéralisation cérébrale » (p.68). Il s’agit de « concevoir 4 manières de percevoir, mémoriser et comprendre le monde qui nous entoure, ce qui suggère autant de façons différentes de présenter l’information au sujet en cours d’apprentissage » (p.69).

[4] En donnant des détails pratiques sur l’organisation de l’espace et le matériel utilisé, en réponse à une remarque... Le "cas" est présenté dans l’article "Dysgraphie"

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